Victime, entourage, enfants, témoins, auteurs : que faire ?

Violences conjugales : victimes, témoins...

Victime

Vous êtes victime de violences conjugales et vous ne savez pas à qui vous adresser ou par quel bout commencer ? Quel que soit votre âge, votre situation, l’historique des violences, des solutions existent.

La première chose qu’il convient de rappeler est que toutes les victimes souffrent du tabou qui entoure les violences conjugales, et se retrouvent plongées dans le silence : honte, culpabilité, peur, famille…la 1ère marche de sortie est de commencer à parler de votre histoire.

Par honte ou culpabilité, vous n’avez peut-être jamais osé parler de votre situation à quelqu’un. Le premier pas peut donc être de briser le silence en parlant de votre situation à votre entourage ou à un professionnel. Sachez que même si vous avez des personnes dans votre entourage qui peuvent vous soutenir, les violences psychologiques que vous subissez peuvent vous plonger dans une incertitude, une souffrance que souvent seules des personnes formées pourront vous aider à démêler.

Que faire concrètement ?

Vous avez décidé d’agir pour faire cesser cette situation. Partir ? Rupture ? Porter plainte ? Certaines démarches peuvent vous paraître insurmontables, mais que vous soyez prêt maintenant ou plus tard, il est important de savoir que vous êtes en droit de faire ces démarches.

Préparer un départ : si vous pensez à fuir votre domicile, vous pouvez préparer votre départ en mettant de côté des papiers importants et administratifs (pièce identité, permis…). Vous pouvez les photocopier et les laisser dans une association ou une personne de votre entourage. Si vous sentez que vous êtes en danger, vous pouvez également laisser un sac chez une personne de confiance au cas où vous devriez partir rapidement.

Médecin : que vous soyez blessé physiquement ou moralement, vous pouvez vous adresser à votre médecin (de famille ou dans un hôpital). Il sera là pour vous écouter, vous soigner et également rédiger des certificats médicaux pour n’importe quel type de violence. Ces documents pourront vous servir si vous portez plainte par la suite.

Commissariat/gendarmerie : comme toute victime en France, vous êtes en droit de vous rendre dans un commissariat ou une gendarmerie pour porter plainte ou déposer une main courante. Ces professionnels sont également dans l’obligation de vous protéger. Si vous avez peur de ce qu’il peut se passer, vous pouvez dans un premier temps établir des certificats médicaux et ensuite porter plainte quand vous serez en sécurité.
Un mineur peut également porter plainte, seul ou accompagné d’une personne majeure.

En France, une victime – que ce soit dans la rue, à l’école ou à la maison – a droit à la protection. Dans le cas des violences conjugales, la première étape est d’en parler et de se rendre compte que vous êtes en droit de demander de l’aide et que vous n’êtes pas responsable de cette situation.

Entourage d’une victime

Un frère ? Votre meilleure amie ? Votre voisine de palier ? Une collègue ?  Vous connaissez une personne victime de violences dans son couple et vous ne savez pas quoi faire ?

Ne pas avoir peur :
La première chose à savoir est qu’une personne victime de violences conjugales ne sera jamais blessée qu’on lui demande si elle rencontre des problèmes chez elle et ne vous en voudra jamais de lui poser la question. Pourquoi ? Parce qu’elle est seule et que ce qu’elle vit chez elle est bien plus violent que le fait qu’on puisse supposer qu’elle soit victime. Si vous avez donc un doute, un pressentiment, essayez de trouver un moment avec cette personne pour lui proposer de vous parler.

Proposer mais ne pas obliger :
Que peut attendre une personne victime de violences dans son couple, d’un ami, d’un collègue, de la famille ? Etre écoutée, être entendue, être crue, ne plus être seule.

Une victime de violences conjugales pense trois choses : « je suis seule et je ne vais jamais m’en sortir », « c’est à cause de moi », « personne ne va me croire ». Donc avant même de trouver des solutions, une victime a besoin d’être entendue et de ne pas être jugée.

En tant qu’entourage vous jouerez le rôle de repère. Une personne victime doit savoir qu’elle peut venir vous reparler, vous demander des conseils.

Ne pas éviter et être patient :
Une personne vient vous parler et vous êtes paniqué ? Il ne faut pas éviter la conversation car elle pourrait se sentir rejetée : écoutez et expliquez lui que vous n’êtes pas la meilleure personne pour l’aider mais que vous allez chercher ensemble quelqu’un qui pourrait l’aider.

Cependant, être un confident ou un conseiller pour une personne victime de violences dans son couple peut-être extrêmement frustrant, voire rageant ! Car vous aurez beau lui proposer des solutions, il se peut qu’elle ne fasse rien si elle n’est pas prête, tout en continuant à se confier à vous. Le plus simple dans ces cas là – au moment où vous sentez que vous ne pouvez plus l’aider – est de l’accompagner vers un professionnel formé pour gérer ces situations.

Etre témoin :
Il est possible qu’une personne victime puisse vous demander un témoignage. Sachez que ce témoignage peut être extrêmement important pour elle et ses démarches, et que vous ne risquez rien.

Ecoute, information et non jugement, tels sont les maîtres mots !

Enfants témoins

Et les enfants ? Dans une famille où règnent des violences conjugales entre les parents, les enfants eux/elles aussi sont des victimes indirectes.

ATTENTION : nous parlerons ici d’enfants qui grandissent dans une famille où la violence s’exerce entre les parents et NON d’enfants qui sont maltraités directement par leur père ou leur mère. Si vous êtes maltraité par un de vos parents ou que vous connaissez quelqu’un qui l’est, vous pouvez appeler le 119 (service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger).

Si votre mère ou votre père est violenté, il est normal que vous vous sentiez perdu, triste, en colère voire en profond désespoir. Il est donc important que vous puissiez en parler : avec vos frères et sœurs, un professeur, un médecin,… Sachez que près de vous des professionnels peuvent vous aider dans votre collège, votre lycée, votre centre social ou votre club de sport…

Auteur de violence

Vous êtes auteur de violences conjugales ou vous connaissez une personne auteur de violences conjugales ? Quel que soit le contexte, votre situation, votre histoire personnelle, rien n’autorise en France une personne à en violenter une autre.

Tout d’abord, si vous en êtes conscient, c’est déjà un premier pas pour vous. Peut-être que vous le savez mais que vous avez l’impression que vous ne pouvez rien faire contre.

Si vous rencontrez donc un problème de violence, vous avez besoin de vous faire aider, pour vous-même et pour arrêter ces comportements violents au sein de votre couple.

Il existe une fédération en France qui aide les auteurs de violences conjugales : la FNACAV, 01.44.73.01.27

Deux associations existent en Rhône-Alpes, à Valence et Grenoble. Il est donc important que vous les appeliez et eux sauront vous aider

 

Article rédigé par Filactions - Octobre 2013

Laisser un commentaire

*

*